POESIE DE JULES RENARD

Publié le par LAURENCE NOYER

"Et l’ajustement de ces tableaux appliqués révèle une poésie diffuse et persistante, qui est peut-être la poésie même du paysan"

Léon Blum

"L’originalité de sa poésie, je crois qu’elle vient de ce que cet homme a gardé vis-à-vis des gens et des choses et par un rare privilège, la sensibilité et la tournure d’esprit des enfants"

René Boylesve : Le Gaulois, 16 décembre 1908 « l’art de Jules Renard » « Nos Frères Farouches, Ragotte »

"Sans doute la poésie ne manque point : voyez les Feuilles d’Automne ; mais elle se rassemble en trois lignes, pénétrante et concentrée"

M.Arnauld : La Nouvelle Revue Française, 1er mars 1909 « Nos Frères Farouches, Ragotte »

"Et c’est en même temps très simple et très compliqué, très naturel et très maniéré, chargé de poésie et mouillé d’ironie. C’est un bijou unique, discret, attirant ; un bonbon savoureux, exquis, doux au palais. "

Flax : Les Hommes du Jour, 3 avril 1909

"Cependant, il déteste les exercices de rhétorique, les développements en forme de lieux communs, les amplifications dont use volontiers la poésie. Il recherche les mots les plus aigus, qui traduisent l’idée avec la précision la plus stricte ; s’ils ne viennent pas, il les attend ; il a la patience du chasseur. Il ne se produit pas pour la puérile joie de produire et d’exercer sa faculté inventive ; à proprement parler il n’invente point ; il copie, mais sa peinture méditée, nourrie, se prolonge, dépasse son objet, s’imprègne de philosophie, éveille une sensation de profondeur."

Adolphe Brisson : Le Temps, 25 octobre 1909 « La Bigote »

"Jules Renard, c’est l’intensité de son regard, le sérieux de son regard, qui voit le dehors et regarde au-dedans – l’application, la fixité, le non relâchement de son attention, à la fois puissante et fine, qui décompose et recompose au même instant. C’est, je pense, dans cette action si personnelle de regarder qu’il faut le chercher tout entier : son imagination dans la sensation même, sa poésie dans son exactitude… non seulement il contemple, mais il interroge. En même temps qu’il perçoit une « forme », il en élucide le « sens »"

Jacques Copeau : La Grande Revue, 10 novembre 1909 « La Bigote »

"Il n'y a qu'une série de choses vues, entendues ou senties. Et pourtant leur ensemble recèle une sorte de poésie. Oui, Jules Renard, l'humoriste, qui cherchait le terre à terre, a tout de même laissé entrer dans son œuvre, comme un rayon léger, la poésie. Elle naît de ses descriptions comme elle naît du spectacle des choses. L'a-t-il lui-même senti? et ne l'a-t-il pas dit, arrêté par on ne sait quelle pudeur? Nous l'ignorons. Mais par une sorte de revanche tout ce que l'humoriste avait bafoué en s'appliquant a reparu dès qu'il s'est inquiété, d'être tout à fait vrai. Toutes les images de la beauté, de l'amour, de la douleur sacrée, de l'héroïsme, du travail, oui, toutes sont rentrées dans l'œuvre de Jules Renard aussitôt qu'il a regardé le réel avec
assez d'ingénuité et de profondeur. D'où vient donc, si ce n'est de la poésie, le charme de ce petit tableau : « Tantôt nous préférons nous taire, immobiles et mystérieux
."

André Chaumeix : Revue Hebdomadaire, 18 juin 1910 « Jules Renard »

Publié dans Poésie

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