PENSEE

Publié le par LAURENCE NOYER

Une pensée écrite est morte.Elle vivait, elle ne vit plus. Elle était fleur. L'écriture l'a rendue artificielle, c'est à dire immuable.............................Toute seule la pensée va où elle veut. Avec le porte-plume, elle n'est plus libre. Elle tire de son côté, lui du sien. Elle est comme un aveugle que son bâton conduit de travers, et ce que je viens d'écrire n'est déjà plus ce que je voulais écrire...............Ecrire des pensées, c'est relever chaque jour, comme un épicier d'ordre, les petites recettes de son esprit.............. Quel calme! j'entends toutes mes pensées....................Le jour, j'allume seulement ma pensée. Elle est parfois morne comme un feu qui ne veut pas prendre. Mais, dès le sommeil, elle flambe. Mon cerveau est une usine de nuit.....................Pensées légères comme des papillons, passez, fuyez! Si je vous prenais, si je vous piquais, de ma plume, sur mon papier, ça vous ferait trop mal.....................J'écris des pensées pour quand je serai mort. Elles ne me servent à rien pendant ma vie. J'oublie même de les penser.................Penser, c'est chercher des clairières dans une forêt............Des heures où l'on pense à blanc....................

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