BEAUTE

Publié le par LAURENCE NOYER

"Ma tête est peuplée de mots" écrivait Renard, "comme une forêt d'oiseaux" . Et ces mots, pour lui, avaient une physionomie. Il ne les considérait pas comme des signes d'équivalence, mais comme la matière même de son art. Il les aimait en eux-mêmes, et les appréciait, comme un bon ouvrier les bois qu'il travaille. Il avait retenu, pour leur "sonorité étrange", les deux termes de chasse " bourrir et cacaber". "Caille, quel joli nom! C'est comme une petite explosion, un soupir qui monte des blés" "Inclination, qu'est devenu ce joli mot?" "Le tremble, quel joli nom pour un arbre!" Comme on le voit à ces exemples, ce sont les plus simples qu'il aime le mieux. Les mots savants le font sourire. Et quand Renard célèbre "la beauté du pot au feu" c'est la beauté des mots qu'il entend, et non seulement la saveur des choses. Il aime "les jolis noms populaires des fleurs "La dent de lion, le coucou, la violette de serpents"

Léon Guichard: l'oeuvre et l'âme de Jules Renard

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