TITRE

Publié le par LAURENCE NOYER

Il fallait pourtant, à cette récolte disparate, donner un nom, au livre prêt à paraître, un titre. Comme Renard attachait beaucoup d'importance aux mots qu'il employait, et que dans un livre le titre est celui qui se voit le mieux, Renard les méditait longuement, les modifiait, les reprenait tout comme ceux de ses proses.

Nourri de lectures, il avait une prédilection pour les titres à allusion, qui rappelle un ouvrage ou une expression classiques. En tête de ses proses, Le repas ridicule nous renvoie à Boileau, Il faut qu'une porte soit fermée, à Musset, L'âge sans pitié à un vers de la Fontaine.

Renard baptisait une série de croquis mondains Les petites Bruyères, titre qui semble d'abord énigmatique mais signifie simplement qu'on trouve dans ces pages de petits portraits des gens du siècle, à la manière de ceux de la Bruyère. En tête de ses livres, L'Ecornifleur est emprunté à une fable de La Fontaine, qui appelle ainsi "le renard". Et si l'on songe que l'écornifleur est dans une certaine mesure, un portrait amer de "Renard", on voit la subtilité des intentions de l'écrivain. Les Cloportes est un titre qui vient de Flaubert par les Goncourt.

Coquecigrues est un vieux mot que Renard a pu lire dans les oeuvres de Rabelais, de Madame de Sévigné.

En tête d'un autre livre, Renard mettra Bucoliques à cause de Virgile.

Léon Guichard: l'oeuvre et l'âme de Jules Renard

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