BIGOTE

Publié le par LAURENCE NOYER

Intérim : L’Intransigeant, 23 octobre 1909 « La Bigote » « La pièce de M. Jules Renard est infiniment plus difficile à raconter. M. Lepic est brouillé avec sa femme et sa fille qui sont sous la domination du curé. Il ne leur parle plus et le plus fâcheux malentendu divise cette famille ; un fiancé se présente pour demander la main d’Henriette Lepic. M. Lepic fait au jeune homme le tableau lamentable de son propre foyer, désuni par la mauvaise humeur d’une femme bigote ; le jeune homme ne se décourage pas pour si peu et il a bien raison. Avant la chute du rideau, le curé vient pour fixer, tout puissant, la date du mariage. Ainsi conté, le sujet paraît infiniment mince ; la comédie est puissamment traitée dans le détail et écrite à la manière forte qui caractérise M. Jules Renard. C’est de l’anticléricalisme un peu étroit, mais dans diverses répliques l’auteur veut montrer qu’il n’a rien d’un sectaire. Il aura du mal à le faire admettre par certains spectateurs. La pièce est admirablement jouée par M. Bernard qui a tracé de m. Lepic un très solide portrait ; Mlle Mellot est une jeune fille très vraisemblable. Mlle du Eyner est charmante d’entrain ; Mme Kerwich est excellente. Il faut souhaiter que ce spectacle trouve auprès du public le même accueil qu’auprès des spectateurs de la répétition générale. »

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