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Publié le par LAURENCE NOYER

Emile Mas : Comoedia, 17 juillet 1911 « Le Plaisir de Rompre » « Ce soir, retrouvions le Plaisir de rompre non représenté depuis 1909. La comédie de Jules Renard créée au cercle des Excholiers le 16 mars 1897 par Mme Jeanne Granier et H. Mayer, entrait – je le rappelle – au répertoire de la Comédie-Française le 12 mars 1902 (« faisant affiche » ce soir-là avec le Marquis de Priola) H.Mayer reprenait sa création et Mlle Cécile Sorel interprétait Blanche pour la première fois. En 1902 le Plaisir de rompre fut représenté 18 fois. Puis il disparut des programmes de la Maison pour reparaître le 2 décembre 1906 ave Numa et Mlle Mitzy-Dalty. Ces deux artistes ont joué 19 fois de 1906 à 1909 l’acte de M. Jules Renard. La représentation d’hier est donc la 38ème à la Comédie-Française. Maurice et Blanche recevraient de nouveaux titulaires. Guilhène et Mlle Gabrielle Robinne. On ne pouvait mieux choisir. Avec les physiques de Numa et de Mlle Mitzy-Dalti – laissant hors de discussion le talent des comédiens – le sens de l’œuvre était faussé. Il est indispensable que Blanche paraisse moins jeune que Maurice. Si l’homme est l’aîné, ou si seulement les âges s’équilibrent, la pièce perd beaucoup de sa saveur… un peu amère. Guilhène, malgré la barbe blonde dont il a paré son visage, demeure d’aspect, un bien jeune amoureux. Mlle Robinne, grâce à sa taille et aussi à une assurance qui sera bientôt de l’autorité, domine suffisamment la scène et la situation. Elle a joué Blanche avec moins de sécheresse que ses derniers rôles. Chaque fois que Mlle Robinne prend possession d’un personnage, elle est servie par une émotion naturelle qui lui sied à ravir et qu’elle devrait conserver le plus longtemps possible. Guilhène est charmant : et si son Maurice paraît un peu insignifiant, un peu veule avec des bouffées de désir qui, en pareille circonstance, ne font qu’accentuer l’indécision de son caractère ( ?), c’est que le personnage a été conçu de cette façon par l’auteur. Aussi ce couple est-il bien supérieur au précédent, ceci dit encore une fois en dehors de toute individualité. Numa, surtout, est un délicieux comédien dont le seul tort était de jouer à côté d’une actrice trop jeune pour lui. »

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