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Publié le par LAURENCE NOYER

Alfred Massé : « Essai de bibliographie nivernaise » « Sans être nettement socialiste, ses sympathies allaient à ce parti. Mais il entretenait de cordiales relations avec les républicains radicaux de l’arrondissement. Il évoque la mésintelligence qui régnait entre ses parents. Des confidences reçues de Jules Renard lui-même et plus tard de son fils que j’ai connu intimement lorsqu’il était docteur à Pougues les eaux. Il résulte que pendant des années son père et sa mère ont vécu côte à côte sans échanger un mot, ou plutôt la mère de Jules Renard ne se privait pas de faire des scènes à son père ; ce dernier y opposait le mutisme le plus absolu, se contentant lorsqu’il était à bout de nerfs de se lever et de sortir en sifflotant ce qui n’était pas pour calmer son irascible moitié. La mère de Jules Renard ne lui manifesta jamais la moindre tendresse ni la moindre affection. Son père l’aimait et Jules Renard le lui rendait : mais habitué à ne pas répondre aux invectives de sa femme, à ne pas dire un mot chez lui, à ne pas même, et c’est ce qu’on peut lui reprocher, prendre énergiquement la défense de son enfant maltraité, il opposait une barrière infranchissable aux vélléités de tendresse que ce dernier était tenté de lui manifester comme aux élans spontanés qui le poussaient parfois à faire des confidences. Il a souffert dans son enfance et dans sa jeunesse de l’inimitié qui existait entre ses parents et toute sa vie, même lorsqu’un mariage avec une jeune femme qu’il aimait lui apporta des consolations, son caractère conserva l’empreinte des sentiments éprouvés dans son enfance. Malgré les joies dues à sa femme et à ses enfants, Jules Renard fut toute sa vie malheureux. »

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