André Billy : Figaro, 16 février 1939

Publié le par LAURENCE NOYER

André Billy : Figaro, 16 février 1939 « Longtemps après la mort de Renard, sa femme n’avait pas encore pris connaissance des papiers laissés par lui. Un jour, pourtant elle se décida à y  jeter les yeux en compagnie d’Henri Bachelin et ce fut pour découvrir avec horreur que Renard y parlait de ses liaisons amoureuses avec une franchise et une liberté totale. Les noms de ses maitresses s’y inscrivaient en toutes lettres. Mme Renard, qui n’avait d’ailleurs pas eu beaucoup à se féliciter du sort qui lui avait fait son mari et de l’éloignement où il l’avait tenue des milieux parisiens, fut meurtrie, ulcérée, et c’est alors qu’elle détruisit au moins les deux tiers du journal. La vente publique des livres dédicacés par Jules Renard à sa femme s’explique de la même façon. Car Mme Renard n’avait pas tellement besoin d’argent. […] J’accorderai de bon cœur aux défenseurs de Mme Renard que son mari était un drôle de pistolet. Mais le Journal est un bouquin prestigieux et je ne me consolerai jamais que, dans un accès de rage, une femme qui ne pêchait certainement par excès de largeur d’esprit, en ait détruit les dux tiers. On me dit qu’Henri Bachelin a pu garder copie d’une partie des passages brûlés […] Faisons des vœux pour que ce soit vrai ! »

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