Henri Bachelin : 9 novembre 1938, Journal 

Publié le par LAURENCE NOYER

Henri Bachelin : 9 novembre 1938, Journal  « Je noterai ici ce qui me reviendrai à la mémoire des passages supprimés du Journal de Renard. J’en ai indiqué deux dans le Mercure du 15 octobre dernier. Je n’y reviens pas. Tristan Bernard cherchant une chambre confortable où rencontrer une femme qui lui veut du bien. Il finit par trouver la chambre. La femme vient. Elle est indisposée. Tristan Bernard finit la nuit sur un canapé. Ayant embarqué, à la gare de Lyon, sa femme qui va à Chitry, Renard va avec une autre à l’hotel. C’était bon, dit-il, mais après, quelle tristesse ! Longs passages supprimés sur des disputes d’argent avec son beau-frère Milland, et sa sœur, de Saint Etienne, sur les relations de son fils Fantec avec une russe (il en subsiste quelques indications dans le Journal), sur des détails, sans grand intérêt, d’élections à Chitry. Une pièce intitulée Le Sanglot, qui n’était qu’esquissée, de ci de là, que je me reproche de n’avoir pas relevée, telle quelle, dans dans ses fragments successifs. Détails de ses brouilles successives avec Schwob, avec Rostand. Une conversation où figurait mme Rostand, et où Renard faisait figure d’homosexuel, théoriquement. Détails sur le Mercure, où Vallette et Dumur font figure de fossiles qui vivent dans la poussière, sur la brouille avec Rachilde en 1907, avec Desgrange pour Comoedia. Détails sur Sée, libidineux. Détails trop nombreux sur l’envie qu’il a d’être décoré. Un détail que j’aurais dû reprendre en matière de bonne psychologie. Il m’a paru consternant. Renard mettait tout sur le même plan, comme personnages, Poil de Carotte et Hamlet (j’ai dû le noter déjà) Relations sexuelles avec sa femme. Quelque chose comme : « je l’attends sur mon lit, le corps en feu » elle plaisante : « qu’est ce que je vois, là ? » ensuite : « ce qu’il me faut, à l’âge que j’ai, c’est l’amour sombre ». Une note sur la bonne, fille des Philippe, qui se  promène dans la maison avec son cul sanglant, saignant plutôt. Détails sur la mort de son père, de son frère, de sa mère. Bétise de la femme Renard tenant à figurer dans le Journal sous le pseudonyme Gloriette et à ce que François et Marie y figurent sous les prénoms de Pierre et de Berthe des Bucoliques »

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