Gilbert Sigaux : La Pléiade, Préface du Journal 1960

Publié le par LAURENCE NOYER

Gilbert Sigaux : La Pléiade, Préface du Journal 1960 « … Le goût de son propre malheur assiste Renard dans la composition de son Journal, donnant un sens à des évènements qu’il interprète dans le ton de sa vie, de la mélodie de sa vie. (il est sans doute nécessaire de se référer à la musique, car ce Journal comporte un plan secret, fait d’enfance persiflante, de désolation, qui, s’il est sensible au lecteur, n’est pas traduisible de façon objective). Il avait choisi de tout dire, à ses dépens, et ayant certainement conscience qu’il choquerait, qu’il irait à l’encontre de l’esprit de l’époque – ce qui n’est pas sans le rapprocher de Flaubert – mais il consentit peut-être à de élisions. Pourtant, au-delà de la complaisance – ou de l’attention continuelle – à son aventure, complaisance et attention qui ont peu à peu fait d’un Journal littéraire […] le récit d’une vie, l’examen d’un destin et la dramatisation de ce destin, Jules Renard reste un homme de vérité. Sa plus grande ambition était de devenir un écrivain classique. Il l’est devenu certes, grâce à Poil de Carotte. Plus encore par ce Journal où les écrivains et les hommes peuvent se reconnaître, car comme l’Education Sentimental, il redit un de leurs secrets, qui est la désillusion. »

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