Henri Bouillier : Robert Laffont « Journal » (notes et présentation) 1990

Publié le par LAURENCE NOYER

« Tout ce qu’on peut dire de cette œuvre tronquée est donc sujet à caution, hasardeux, téméraire », on ne sait exactement ce qui a été détruit. Il rappelle que c’était un journal pour soi, que Renard pourtant très prévoyant – n’avait jamais indiqué quel devait être son sort : « On dirait que Renard ne parle, n’écrit que pour lui, pas du tout pour un public imaginaire, présent ou futur. Marinette n’avait pas tout à fait tort de répugner à la publication de cette longue conversation avec soi, comme on a honte de surprendre quelqu’un en train de se parler tout haut. C’était, et c’est encore, une sorte d’indiscrétion de prêter l’oreille à la rumeur qui monte de ces milliers de pages dont l’auteur n’avait jamais expressément dit qu’elles devaient voir le jour. De là tant de passages où Renard se prend à partie, s’encourage ou se décourage, s’exhorte ou se plaint, se félicite ou beaucoup plus souvent se réprimande, se lamente sur la pauvreté de ses dons, sur la minceur de son œuvre. Il est vrai que sa lucidité s’exerce aussi sur les autres, qu’il prend avec lui-même sa revanche d’avoir été amical, poli, admiratif avec des gens qu’il n’apprécie guère » Pour Renard, le Journal est d’abord un confident, un registre des humeurs, un camarade de combat, un mémento des hauts et des bas, un miroir fraternel. »

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