Georges Perros: Jules Renard. Le mauvais livre, édition l'Arbre Vengeur

Publié le par LAURENCE NOYER

« Il n’est pas donné à beaucoup d’éditeurs de revendiquer l’édition d’un mauvais livre. Et pourtant, un immense écrivain français  osa lui-même ce titre pour l’un de ses textes. Qu’on se rassure, dans le Renard tout est bon, surtout quand il est question de livre, de littérature et d’écrivains. Observateur du petit monde des Lettres et des auteurs, Jules Renard consigne dans ses Coquecigrues les remarques que lui inspira ce curieux métier d’écrire. Assemblées pour la première fois en un même volume, les tablettes d’Eloi, son double moqueur associent la drôlerie la plus subtile à l’acuité la plus singulière en suivant cette règle : « Si tu es un véritable homme de lettres, agis comme moi, sans scrupules.» Un siècle plus tard, Jules Renard est toujours aussi irrésistible et les écrivains toujours aussi comiques. « Il regarde la nature comme un muet regarde un bavard : avec surprise et jalousie. Il y a quelque chose de « méchant », de frénétique, dans les livres de Renard. C’est la méchanceté, la furie de quelqu’un qui voudrait enchanter le monde, et ne parvient qu’ l’interpréter, à fleur de peau tannée. Renard, c’est peut-être ce qu’il y a de plus rare en littérature, et ailleurs : le talent »

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